Les interprétations vingt ans après…
En fait, pour Luc Ferry et Alain Renaut dans La Pensée 68, Mai 68 n’a pas une cause, mais plusieurs, qui se sont conjuguées pour déclencher l’événement. Et surtout, il ne s’agit pas d’un « virage irréversible », mais, comme l’indique Luc Ferry d’« une continuité de l’histoire », de « l’œuvre d’une nécessité souterraine ».
Le tout dans un contexte intellectuel qui rejette le politique, se replie sur le privé et l’affectif. Finis les grands débats publics des générations précédentes. Tout se vaut. Et l’individu, conduit ainsi vers la « conscience cool et désinvolte » des années 1980, perd à la fois sa hauteur de vue et son aspiration réelle à la liberté.
Et maintenant ?
Quarante ans après, sauf pour les acteurs eux-mêmes bien sûr (ils joueront toujours aux papys anciens combattants), Mai 68 semble bien n’avoir été qu’une tempête dans un verre d’eau.
Mais un verre d’eau porté par un mouvement sociétal de longue ampleur, né avant lui, poursuivi après, et dont on n’a sans doute pas fini de vivre les conséquences.